Le Stalag IA-Stablack

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Le Stalag IA-Stablack, situé en Prusse Orientale, à 30 km au Sud de Koenigsberg fut construit à partir de Septembre 1939 par des prisonniers Polonais. En Mai-Juin 1940, celui çi n’était pas encore fini, beaucoup de prisonniers durent dormir sous des tentes. Lorsqu’il fut achevé, il comptait 40 baraques de 50m sur 8m pouvant accueillir chacune 500 détenus environ. A son apogée, le Stalag IA comprenait environ 40 Kommandos de travail. Le Camp fut évacué le 26 Janvier 1945.

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Vue du Stalag IA © Janusz Kaminski

Parmi les prisonniers, il y avait des Belges, des Français, des Polonais et aussi des Russes, des Italiens et aussi des Anglais au tout début selon quelques témoignages. Suivant la documentation réalisé par l’Etat Major de l’Armée de Terre en Avril-Mai 1945, le Camp était divisé en deux parties, le Stalag et le Aspilag ( camp des Aspirants ), ce dernier comprenait 13 baraquements dont 10 servant à l’habitat, chacune divisée en trois parties ( deux dortoirs de 150 détenus environ et une salle de toilette au milieu ). Il fut transféré en Septembre 1944 au Stalag IIIC à Küstrin.

Entrée Stalag IA © Philippe Constant

D’une façon générale, le courrier ainsi que les colis semblent être arrivés normalement au camp. Cependant suivant les dispositions prises pour tel ou tel pays, le nombre permis d’envoi et de réception de courriers ou de colis n’était pas le même. La correspondance des prisonniers de guerre Belges et Français était limitée, celle çi ne pouvant être rédigé que sur les deux formulaires-réponses dont ils disposaient mensuellement.

Vue des baraquements 

Selon la convention de Genêve, le nombre de colis pour les P.G ne pouvaient être restreints, ce qui en pratique ne fut pas vraiment respecté.

Courrier d'un prisonnier du Stalag IA à destination de la province de Hainaut en Belgique en date du 08/11/1940 ( Document présenté © Ivan Cacitti )

 

En 1940, la correspondance se faisait par lettres ou cartes postales ordinaires ou par cartes de la Croix-Rouge.

Carte CICR-Genève envoyé en Belgique suite à la réception d’un courrier d’un prisonnier de guerre Belge du Stalag IA écrite le 11/08/40, envoyé le 16/10/40 à son destinataire, passage par l’ABP de Frankfurt/Main. ( Document présenté © Philippe Constant )

 

A partir de Janvier 1941, devant l’augmentation considérable de courriers, les Instances allemandes établirent de nouvelles mesures afin de maîtriser ce flux de correspondances.

 

Avis aux Familles des Prisonniers de Guerre.
L’augmentation exorbitante du nombre de lettres, des cartes et des colis destinés aux prisonniers de guerre, retarde beaucoup la distribution. Pour accélérer le trafic postal, les mesures suivantes ont été prises et devront être observées à partir du 1er janvier 1941.

1. Les lettres et les cartes destinées aux prisonniers de guerre ne pourront être écrites que sur les formulaires spéciaux qui seront envoyés par le prisonnier lui-même à sa famille;

2. Les colis ne pourront être expédiés qu’après avoir été munis de l’étiquette adresse qui sera envoyée aux familles par le prisonnier;

3. Tout envoi postal qui arrivera au Camp après le 1er janvier 1941 et qui n’aura pas été expédié selon les instructions ci-dessus ne sera plus remis au prisonnier de guerre.

Donc, je vous prie d’observer exactement ces nouvelles instructions afin que je reçoive sans retard tous les envois qui me sont destinés.

 

Ces nouvelles dispositions furent appliquées avec sévérité par la plupart des Stalags, mais pour d’autres n’ayant pas encore reçu les nouveaux formulaires, une certaine tolérance fut admise.

Courrier envoyé de Châteauneuf sur Cher à destination d’un prisonnier de Guerre français du Stalag IA en date du 12/03/41, parvenue au camp le 09/05/41 avec annotation  » Sans F.le réglementaire CRE Vichy n° 1702494 du 12/02/1941″ ( Document présenté © Apra-Asso )

Nous avons vu que les prisonniers de Guerre Belges et Français ne pouvaient envoyés que deux courriers par mois mais l’obligation de répondre sur les formulaires attachés à ces lettres n’était pas conforme à la convention de Genève, en effet même si la réglementation restreignait l’émission de courrier de la part des prisonniers, par contre les courriers à destination de ceux ci ne pouvait être limité.

Lettre avec formulaire réponse ( Document présenté © Philippe Constant )

Étiquette bleu destiné au colis de vivre ( Document présenté © Philippe Constant )

Instruction concernant l’envoi des colis de vivre.

Étiquette rouge destiné aux colis de vêtements et linges ( Document présenté © Apra-Asso )

Instruction concernant l’envoi des colis de vêtements et de linges.

 

L’organisation de la censure dans le Werhkreis I présente quelques particularités, en effet un projet de bureau central de censure couvrant toute cette région militaire fut pensé avant la guerre mais ne vit jamais le jour.

A cette effet, des tampons de forme ovale furent réalisés sans indication du nom du Stalag avec pour seul indication :

Kgf. B. P. geprüft ( Kriegsgefangenen Briefprüfstelle – Bureau de contrôle du courrier des prisonniers ) et le numéro du contrôleur.

Ces tampons furent utilisés dans les Stalags IA et IB. Sauf indication dans la lettre où par connaissance du parcours du prisonniers, il est donc difficile de déterminer la provenance de ces courriers. On connait au moins trois couleurs pour ces tampons : le rouge, le violet-rouge et le vert qu’on peut trouver sur le courrier des prisonniers Français, Belges, Polonais et Italiens.

En ce qui concerne le Stalag IA, il y eu une dizaine d’autres tampons spécifiques au camp, dont le plus courant est le modèle rond cranté:

Carte postale spécifique aux prisonniers Belges- Croix-Rouge de Belgique ( Document présenté © Philippe Constant )

Courrier à destination d’un prisonnier de Guerre Belge envoyé de Bruxelles en date du 12/09/40 pour le Stalag IA, reçu le 06/11/40 ( Document présenté © Philippe Constant )

Autres modèles :

Variante du cachet précédent, connu en rouge ou vert sur le courrier des prisonniers de Guerre Polonais, Italiens et Belges.

Quelques autres cachets :

Le courrier du Stalag IA et une grande partie de la correspondance des Kommandos était contrôlé à Stablack. Dans la mesure du possible, le même censeur était affecté au même prisonnier ceci afin de permettre aux autorités de vérifier son travail.

Document de l’Etat Major, 5ème Bureau rédigé en Avril-Mai 1945 :

 

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