Le Camp de Voves

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Le Camp de Voves situé à 25km au sud de Chartres fut crée en 1918 afin d'y accueillir l'aviation française, il était alors constitué de trois hangars. Désaffecté à la fin de la Première Guerre Mondiale, ce n'est que le 1er Novembre 1939 qu'un régiment du Génie prie possession des lieux pour y construire un camp militaire afin d'y abriter un centre d'instruction de la DCA (défense anti-aérienne).

Malheureusement suite à la défaite de l'armée française et à la signature de l'armistice, le camp ne fut pas terminé. De juin 1940 à fin 1941, il servit de Camp pour environ 10 000 prisonniers de Guerre français sous l'appellation "Frontstalag 202"( 3500 détenus en même temps au plus fort de son occupation).

Entrée administrative du Camp de Voves 1942-1944 ( photographie © Archives du Comité du Souvenir)

A la fin de l'année 1941, les autorités françaises reprirent possession des lieux avec l'accord de l'occupant afin d'y aménager un C.S.S (centre de séjour surveillé). Du 5 janvier 1942 date de l'arrivée des premiers internés en provenance du C.S.S d'Aincourt et jusqu'au 9 Mai 1944, le Camp de Voves C.S.S n°15, accueillera plus de 2000 détenus avec une occupation constante de 900 internés.

Entrée du Camp de Voves (Archives © Association de recherche pour la Mémoire de la Résistance en Eure-et-Loir)

Le Camp de Voves est uniquement conçu pour recevoir des hommes, il n'y aura ni femmes ni enfants. Les principaux internés furent des communistes activistes mais aussi des résistants, des indésirables et des " droits communs". La vie du Camp sera rythmée par les départs et les arrivées des internés tout au long de sa période d'activités.

Listes des Arrivées :

le 05.01.1942, 31 internés du camp d'Aincourt (Seine et Oise)
le 16 avril 1942 : 60 internés en provenance du dépôt de la Préfecture de Police de Paris
les 23 et 26 avril 1942 : 153 internés en provenance d’Aincourt (Val d’Oise)
le 4 mai 1942 : 58 internés en provenance de Gaillon (Eure)
le 5 mai 1942 : 149 internés en provenance d’Aincourt (Val d’Oise)
le 7 mai 1942 : 424 internés en provenance de Châteaubriant (Loire-Atlantique)
le 5 juin 1942 : 34 internés en provenance du dépôt et 9 en provenance des Tourelles (Paris)
le 4 septembre 1942 : 20 internés en provenance de Vaudeurs (Yonne)
le 9 septembre 1942 : 83 internés en provenance d’Aincourt (Val d’Oise)
le 31 octobre 1942 : 20 internés en provenance de Rouillé (Vienne)
le 14 janvier 1943 : 70 internés en provenance des Tourelles (Paris)
le 16 juillet 1943 : 20 internés en provenance de Rennes (Ille-et-Vilaine)
le 19 novembre 1943 : 116 internés en provenance de Pithiviers (Loiret)
le 22 novembre 1943 : 115 internés en provenance d’Ecrouves (Meurthe et Moselle)
le 30 décembre 1943 : 41 internés en provenance de Laleu (Charente-Maritime)
le 12 avril 1944 : 11 internés en provenance de Rouillé (Vienne)

Listes des Départs :

 les 10 et 20 mai 1942 : 109 internés à destination de Compiègne-Royalieu (Oise) - 93 font partie du convoi dit des « 45 000 » du 6 juillet 1942 dirigé sur Auschwitz-Birkenau le 6 juillet 1942. On compte 6 survivants en 1945
le 6 octobre 1942 : 20 internés à destination de La Rochelle (Charente-Maritime)
le 20 octobre 1942 : 7 internés à destination de Drancy (Seine-Saint-Denis)
le 31 octobre 1942 : 20 internés à destination de Rouillé (Vienne)
le 12 octobre 1943 : 42 internés à destination de Romainville (Seine-Saint-Denis)
le 18 novembre 1943 : 711 internés à destination de Pithiviers (Loiret)
le 9 mai 1944 : 407 internés à destination de Compiègne (Oise) la plupart sont dirigés sur Neuengamme via Buchenwald le 21 mai 1944.

Lettre d'un internés au Camp de Voves en date du 5/06/1942 ( Document présenté © Apra-Asso)

Le Camp se situait sur deux parties :
- l'une réservée aux gendarmes, direction, gestion, police avec des baraques du mess, dortoirs, cuisines;
- l'autre partie aux internés avec un ensemble de baraques dont une infirmerie, un parloir et postes de garde.

Entre le 11 Juin 1942 et le 6 Mai 1944, une 20aine d'évasion eurent lieu permettant à environ 82 détenus de s'échapper, ils ne furent pas repris.

A la liquidation du Camp par les S.S le 9 mai 1944, les 401 détenus encore présent au camp sont acheminés par train vers Neuengamme via Buchenwald d'où ils seront affectés pour la plupart au kommando Bremen-Farge, à la construction du bunker "Valentin" que l'on surnommait "le Tombeau des français". Les deux tiers des déportés ne revinrent pas de captivité.

A partir du mois d'Août 1944 jusqu'en 1947, le camp servit de dépôt de prisonniers de guerre de l'axe principalement allemand sous le n° 502. Ce sont les prisonniers allemand qui démantelèrent le camp.

Emplacement actuel du Mémorial, du Musée et de l'emplacement de l'ancien Camp ( document © Ville de Voves).

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